Et si la Coalition avait écrasé la Révolution française ?
En 1793, la République était envahie sur tous les fronts et déchirée par la guerre civile. Et si les alliés avaient atteint Paris et rétabli la monarchie ?
Ce qui s’est réellement passé
La France entra en guerre contre l’Autriche et la Prusse en avril 1792. Après la victoire de Valmy en septembre, la République fut proclamée, et Louis XVI fut exécuté en janvier 1793. Au printemps 1793, la France faisait face à l’Autriche, la Prusse, la Grande-Bretagne, la République néerlandaise, l’Espagne et la Sardaigne, tandis que son propre général Dumouriez passait à l’ennemi, que la Vendée se soulevait dans une révolte royaliste et que des villes comme Lyon et Marseille se rebellaient. En août, Toulon livra sa flotte et son port aux Britanniques.
La République survécut par des mesures extrêmes. Le Comité de salut public et la Terreur écrasèrent l’opposition intérieure, et la levée en masse d’août 1793 mobilisa la nation pour la guerre. Toulon fut reprise en décembre, un jeune officier d’artillerie nommé Napoléon Bonaparte jouant un rôle clé. Le 26 juin 1794, l’armée de Jourdan l’emporta à Fleurus, ouvrant la Belgique aux Français.
Un mois plus tard, le 9 thermidor (27 juillet 1794), Robespierre tomba. La République gagna finalement la guerre, et dans les années qui suivirent Bonaparte s’éleva jusqu’au commandement de l’armée d’Italie.
Le tournant
1793 fut l’année la plus dangereuse de la République. Des historiens comme T. C. W. Blanning soulignent que l’échec de la Coalition fut autant politique que militaire : la Prusse et l’Autriche étaient distraites par les partages de la Pologne, les alliés se méfiaient les uns des autres, et ils ne réunirent jamais leurs armées pour une marche unique sur Paris. L’armée du duc d’York en Flandre et les Autrichiens ne parvinrent pas à se coordonner.
Une offensive combinée résolue en 1793, liée à la Vendée et aux villes fédéralistes, aurait pu atteindre Paris. Qu’elle ait pu tenir la France est une autre affaire ; la menace d’une invasion étrangère fit plus que tout pour rallier les Français à la République.
Le monde qui aurait pu être
Dans La Couronne et la Charrue, la variante se lit ainsi : la révolte de Vendée et l’avancée alliée se conjuguèrent ; Paris ouvrit ses portes et le jeune roi de la tour du Temple monta sur le trône ; la Révolution s’acheva après cinq ans, non vingt-cinq, et l’officier d’artillerie corse resta un capitaine sans nom. Le jeu supprime alors les événements napoléoniens programmés : la fin de Venise et du Saint-Empire, la campagne de Russie et Waterloo.
Au-delà du jeu, une restauration en 1794 sous Louis XVII, enfant maladif qui mourut en réalité en prison en 1795, avec un régent tel que le comte de Provence, aurait affronté un pays profondément divisé. Les terres vendues à l’Église et aux nobles, l’abolition des droits féodaux et la nouvelle administration auraient été difficiles à défaire. Un règlement constitutionnel, ou une nouvelle révolte, semblent aussi probables qu’un retour à l’Ancien Régime.
Une Europe sans Napoléon aurait gardé plus longtemps le Saint-Empire et de nombreux petits États, et la diffusion des codes juridiques et de l’administration napoléoniens à travers l’Europe n’aurait pas eu lieu sous cette forme. Les idées de 1789, pourtant, avaient déjà franchi les frontières.
Des ondes à travers le temps
Sans France révolutionnaire, pas d’empire napoléonien : dans le jeu, la campagne de Russie et Waterloo n’ont pas lieu du tout.
Prolongée jusqu’à l’époque victorienne (1850), la France est un royaume bourbon et Bonaparte n’est que le nom d’une famille corse. Cela change aussi le cadre des tournants victoriens qui dépendent d’une France bonapartiste.
- Influence Et si Napoléon avait gagné en Russie en 1812 ?, Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ?
- Se prolonge dans l’époque suivante Ère victorienne
Jouer ce tournant
Commencez à l’époque des Révolutions (1789), ou choisissez le scénario La boulangerie près de la Bastille, qui débute à Paris en 1789. Dans le récit des Courants de l’histoire Révolution française, vous pouvez être révolutionnaire, constitutionnaliste ou royaliste ; le camp royaliste pousse à la variante.
L’histoire est fortement pondérée en faveur de la survie de la République. Un seigneur royaliste, un émigré qui rejoint les armées d’invasion ou un souverain en guerre contre la France peut la déplacer le plus.
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Questions et réponses
Pourquoi la Première Coalition échoua-t-elle à vaincre la France révolutionnaire ?
Les alliés étaient divisés et distraits, notamment par les partages de la Pologne ; ils ne montèrent jamais de marche combinée sur Paris, tandis que la France mobilisait toute sa nation par la levée en masse et écrasait les révoltes intérieures.
Qu’était la bataille de Fleurus ?
Une victoire française sur les Autrichiens le 26 juin 1794 qui ouvrit les Pays-Bas autrichiens à la conquête française ; un ballon de reconnaissance y fut utilisé pour la première fois au combat.
Qu’advint-il de Louis XVII ?
Le fils de Louis XVI fut détenu à la prison du Temple et y mourut en 1795 à l’âge de dix ans. Des tests ADN sur son cœur conservé, en 2000, ont confirmé son décès.
Sources et lectures complémentaires
Ouvrages modernes : T. C. W. Blanning, The French Revolutionary Wars ; William Doyle, The Oxford History of the French Revolution ; Timothy Tackett, The Coming of the Terror in the French Revolution.
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